n° 114
octobre 98
CHRETIENS MAGAZINE
SOMMAIRE
BULLETIN D'ABONNEMENT

LA CROIX GLORIEUSE
Communauté nouvelle au service des paroisses

J'ai rencontré à Malestroit, il y a peu, le Père Hubert-Marie Chalmandrier. Il y achevait sa retraite. Il a fondé depuis une quinzaine d'années une communauté nouvelle, d'inspiration originale : charismatique avec destination paroissiale, à l'heure où les paroisses disparaissent, car les derniers prêtres de la génération des plus de soixante-cinq ans (65% du clergé français) sont de plus en plus rares. Les paroisses ont été les grandes sacrifiées après le Concile où les états-majors ont grossi. Cela crée un drame secret ou plutôt un silence de mort qui s'étend sur un nombre croissant de presbytères ou d'églises désaffectés. Les effectifs de l'Eglise de France sont passés de 48 000 prêtres avant le Concile à moins de  30 000 aujourd'hui et sont prévus à moins de 10 000 en 2005. J'ai interrogé le Frère Hubert-Marie Chalmandrier sur son projet qui répond à un immense besoin et qui vise à constituer des paroisses vivantes avec une large participation à tous niveaux.

René Laurentin: Père, nous nous rencontrons chez les Soeurs de Malestroit. Qu'est-ce qui vous a amené ici pour votre retraite?

Père Hubert-Marie Chalmandrier: Je venais de lire pendant une retraite précédente le Père Labutte. J'ai lu auparavant tout ce que vous avez écrit sur Yvonne-Aimée, presque tout. Des laïcs de ma communauté, passés à Malestroit, m'ont proposé de m'amener et, à la suite d'un concours de circonstances providentielles, j'ai pu me libérer pour une retraite à Malestroit.
Yvonne-Aimée vous a apporté quelque chose? Oui, ce qui m'a le plus touché dans la biographie et les écrits d'Yvonne- Aimée, c'est le côté thérésien. C'est une amoureuse dans tous les détails. Et puis, à la différence d'autres mystiques, un essor dès les premiers instants de sa vie. D'autres se sont convertis ou ont reçu une grâce un peu plus tard, mais elle, dès le début.

Pourquoi avez-vous fondé une communauté?

J'étais Sulpicien au séminaire de Saint-Sulpice. Depuis mon ordination, en 1963 à Nantes, j'étais très travaillé par le mode de vie du clergé. Mais à l'époque, en bon Sulpicien, je ne pensais qu'au mode de vie des prêtres. Je n'imaginais pas du tout une communauté avec la complémentarité des vocations: des religieux, des religieuses, des laïcs, telle qu'est ma communauté actuelle. Et puis en 1979, j'ai lu le livre de Monique Hébrard, Les Nouveaux Disciples, qui m'a beaucoup bouleversé sur les fondations de communautés religieuses. Ainsi ai-je commencé à m'intéresser au Renouveau charismatique, ce que je n'avais pas du tout fait jusque-là. Je suis allé en curieux et en voisin, parce que je suis né en Saône-et-Loire, près de Montceau-les-Mines, à une session charismatique de Paray-le-Monial (c'était d'ailleurs le jour de mon anniversaire: 26 juillet 1979). J'ai reçu ce qu'on appelle communément l'effusion de l'Esprit-Saint dont parlait Frère Ephraïm ce jour-là. Sur l'estrade, il y avait un évêque important dans la suite de mon itinéraire, c'était le Père Chabert. A l'époque, il était archevêque de Rabat. J'étais allé faire des conférences théologiques aux religieuses franciscaines missionnaires de Marie, puis ensuite à ses prêtres. Dans cette effusion de l'Esprit-Saint, je peux dire que j'ai reçu la certitude que j'étais appelé à la vie religieuse: que c'était une sorte de vocation cachée en moi depuis le moment de l'ordination. Je pensais à quelque chose de beaucoup plus classique que ce que nous vivons actuellement. Je suis donc entré dans une communauté qui essayait de renaître en France. J'y ai fait simplement le noviciat. Cette communauté voulait être monastique-apostolique. C'était une des fondations du Père Muand qui a fondé ensuite la Pierre qui Vire. Nous avons connu toutes sortes d'épreuves et je me suis retrouvé à la rue. C'était en juin 1987. Nous étions huit, repliés rue de Sêvres à Paris. Les sept autres me demandaient: Mais qu'est-ce que nous allons faire?

Vous étiez partis parce que ça ne marchait pas?

Voilà. Les supérieurs m'ont dit avec lucidité que j'étais sans doute appelé à une autre vocation. A ce moment-là, j'ai cherché ce qui existait de monastique-apostolique en France. J'ai pensé aux Frères d'Aix-en-Provence, mais je n'avais plus un sou en poche pour aller jusque-là.
J'ai pensé aux Bénédictins paroissiaux de L'Hay-les-Roses dans un style Renouveau charismatique. Finalement je suis allé voir Pierre-Marie Delfieux, de Saint-Gervais, mais leur communauté n'a pas vocation paroissiale. Je passe sur tous les épisodes extraordinaires de notre démarrage. Finalement, j'ai suivi les conseils de l'Abbé de Saint-Benoît-sur-Loire de l'époque, le Père Bernard Ducruet. Il m'a dit: Soyez vous-même! Et nous avons été accueillis, nous étions donc ces sept candidats de mon ancienne communauté et moi-même, huit frères, nous avons été  accueillis par les Oblates de l'Eucharistie, à Rueil-Malmaison, fondées pour donner des soins palliatifs aux cancéreux. Pendant deux ans, de 1981 à 1983, nous avons vécu à Rueil-Malmaison, ce qui n'était pas du tout notre vocation, mais nous avons partagé leur grâce merveilleuse d'accompagnement des mourants. Et, dès le début, nous avions l'inspiration de notre vocation actuelle; vivre l'aide communautaire dans la complémentarité des vocations: moines, moniales, laïcs, au service de l'évangélisation paroissiale. Pendant notre séjour à Rueil, le Père Chabert, qui entre-temps avait été nommé évêque de Perpignan, a accepté de nous prendre dans son diocèse. Il nous a confié tout d'abord deux paroisses en centre-ville de Perpignan, en septembre 1983. Je passe les étapes. Parallèlement à cette naissance à Perpignan de communautaires, un groupe de soeurs s'est formé au Chesnay, en région parisienne. Et puis nous avons eu les premiers engagements de laïcs dans notre vocation, le 10 février 1986: deux couples et une célibataire. En septembre 1986, nous avons commencé une certaine vie commune, de façon pragmatique. J'ai toujours tenu à ce que l'on suive les impulsions de l'Esprit-Saint et non pas les idées préconçues. Et c'est seulement en décembre 86 que nous avons pris le nom de Communauté de la Croix Glorieuse. Nous étions. Nous étions nés!...

La Croix Glorieuse c'est Dozulé!

Aucun rapport, nous ne connaissions même pas l'existence de Dozulé. Tout simplement, nous avions commencé notre vie commune, à Rueil, en la fête de la Croix Glorieuse de 1981.

Il y a une fête de la Croix Glorieuse?

Oui, le 14 septembre. Autrefois, Exaltation de la Sainte Croix. Nous avons donc reçu ce nom, et puis, le 30 novembre 1988, en la fête de Saint-André, le Père Chabert nous a donné le statut d'association privée de fidèles du diocèse de Perpignan. Il nous a donné ce statut juridique, et nous avons fait, en la nuit  du 31 décembre au 1er janvier, en la solennité de Marie, Mère de Dieu, nos premiers engagements communautaires de moines, moniales et laïcs.

Vous aviez déjà deux paroisses?

Oui, dans le centre de Perpignan, Notre-Dame-de-la-Réale et Saint- Mathieu.

Et maintenant vous avez combien de paroisses?

Une à Toulouse, l'Immaculée Conception, une autre à La Valette- du-Var, dans la banlieue de Toulon: Saint-Jean-l'Evangéliste, une de plus à Perpignan, et une fondation dans le doyenné Saint-Martin, qu'on a reçue d'ailleurs en l'année Saint-Martin.

Vous êtes combien de prêtres, soeurs?

Nous sommes 10 prêtres, plus un diacre permanent, un père de famille, et 6 frères non prêtres, dont certains se préparent au sacerdoce; 16 soeurs et 18 frères laïcs, 7 familles et 4 célibataires et une vingtaine d'Oblats. Cela fait en gros 49 personnes, sans compter les Oblats. Dans chaque paroisse, nous avons une dizaine de membres.

Et où est votre noviciat, enfin le lieu de formation?

A perpignan, dans la paroisse La Réale.

Et quelle est la durée, la méthode de formation?

Nous avons l'itinéraire classique. Pour les religieux: un an de postulat, un an de noviciat, trois ans de voeux temporaires, puis au terme les voeux définitifs.
Quelle est la spiritualité, la formation à la vie de prière?
A la manière des moines, notre spiritualité, c'est d'abord la liturgie. Je peux vous donner notre emploi du temps: le matin, une heure de Lectio divina, en commun, en silence, dans la même pièce. Puis les Laudes à 9 heures dans l'église paroissiale. Nous n'avons pas d'oratoire dans nos maisons.

Pour que ce soit vraiment paroissial?

Absolument! De la fin des Laudes jusqu'à midi, le Saint-Sacrement est exposé, chaque jour, sauf le dimanche et le lundi. Et pendant cette exposition, chaque religieux prend une heure d'adoration silencieuse.

Vous n'avez jamais d'adoration nocturne?

C'est occasionnel. Nous avons, le soir, les Vêpres suivies de l'Eucharistie paroissiale. Certains offices nous sont propres: en particulier les Vigiles de la Résurrection tous les samedis soir, avec les paroissiens.

Et les familles, où est-ce qu'elles vivent?

Il faut qu'elles aient un habitat sur le territoire paroissial. Mais elles ont en commun avec nous le partage des salaires, des traitements, des retraites. Nous mettons les biens en commun.

Cela s'est fait sans problème particulier. Vous avez un bon économe, alors?

Oh! Excellent! Humain et compétent. Chaque chef de famille doit exercer une profession.

De chômeurs, vous n'en avez pas?

Pour le moment, non. Trois laïcs de la communauté ont fondé, il y a quelques années, une agence de communication au service de l'Eglise, qui s'appelle Magnificat. Elle conçoit et réalise en particulier des campagnes de deniers de l'Eglise pour une quarantaine de diocèses. C'est le moyen de subsistance de trois des chefs de famille. Autrement: un médecin, un orthophoniste, un fleuriste, toutes sortes de métiers.

Ils exercent leur profession?

Bien sûr. Et nous avons un repas en commun chaque jour, avec les familles.

Pour 10 personnes, ça va, c'est à taille humaine. Dans le presbytère, forcément?

Oui, plus les enfants le mercredi.

Vos paroisses sont urbaines ou de campagne?

A nos débuts, nous avons accepté par obéissance des paroisses rurales que nous avons toujours en charge, mais cela va se terminer en juin 1998.

C'est moins dans votre grâce?

Ce n'est pas du tout notre grâce.

C'est trop itinérant?

C'est très dispersant.

Vous préférez un lieu concentré?

Voilà. Plus de population s'il le faut, mais rassemblée.

Lorsque des mouvements charismatiques prennent en charge, cela crée souvent des difficultés. Avez-vous eu ce problème-là?

Dans nos débuts, oui, bien sûr!

Vous avez su vous adapter, trouver un modus vivendi, comment l'avez-vous trouvé? Est-ce en différenciant vie paroissiale et vie communautaire, ou bien autrement?

Autrement. J'avais été très touché par les remarques du curé d'une paroisse Episcopalienne de Houston, au Texas. Quand il avait découvert la grâce du renouvellement dans l'Esprit-Saint, il pouvait se contenter de faire dans sa paroisse un groupe de prière où les charismatiques se seraient retrouvés. Mais il avait compris que sa vocation c'était de vivre dans l'Esprit-Saint toute sa vie paroissiale. Et c'est notre vocation même.

D'où viennent vos vocations?

Au point de vue sociologique, c'est de la classe moyenne en majorité, mais il y a de tout, de la vieille bourgeoisie aux milieux les plus simples. Au départ, nous étions pour moitié des gens de l'Ouest et de la région parisienne. Depuis notre fondation dans le Midi, nous avons des vocations locales: en proportion équilibrée, un nombre égal de frères, de soeurs et de laïcs: 15, 16 et 18.

Donc, ça marche. Et dans ces vocations, quel est à peu près votre taux de persévéance: problème souvent difficile. Un Chartreux disait: "Sur dix qui viennent, il y en a un qui entre; et sur dix qui entrent, il y en a un qui persévère". Vous, ça doit être un peu plus?

Oui, environ un sur deux persévère.
Ceux qui sentent: "Je suis fait pour ça". D'autres, au contraire, en tout bien tout honneur, disent: "Eh bien non, ce est pas mon affaire!"
Une de nos chances, c'est que beaucoup sont des paroissiens. Nous les connaissons et ils nous connaissent déjà.

Pourriez-vous évoquer concrètement les fruits de ce renouveau paroissial?

C'est délicat, car quand on en parle, ça paraît comme un jugement à l'égard des prêtres précédents, mais, le fruit le plus évident, c'est que la paroisse est devenue une famille élargie. Les paroissiens sont pour la plupart, pas tous, entrés dans la grâce du renouveau et, actuellement, ce qui nous travaille le plus, c'est l'urgence et les difficultés de l'évangélisation. Une tentation, pour une communauté comme la nôtre, ce serait de partir là où c'est le plus gratifiant, de partir en Afrique, de partir en Asie. Mais que serait-il arrivé si tous les premiers chrétiens de Rome et d'Alexandrie avaient quitté les villes...
Il faut évangéliser la France qui devient terriblement pays de mission. C'était faux quand on l'a écrit, c'est beaucoup trop vrai maintenant.
Tout à fait. Et ça ne peut se faire qu'au prix de la croix. Là, nous avons déjà mis en place à Perpignan, à Toulouse, des cellules paroissiales d'évangélisation de Dom Biggi, fructueusement.

Avec ça, vous devez avoir une élévation de la pratique dominicale dans vos paroisses?

Je dirais plutôt une recomposition de la pratique. Au départ, par exemple à la Réale (je peux en parler, car cela fait quinze ans que j'y suis curé) il n'y avait pratiquement pas de moins de cinquante ans. Maintenant, il y a toutes les catégories d'âge, mais quant au nombre, ce n'est pas la gloire!

Tout de même une croissance numérique comme à la Trinité, à Paris.

Oui, oui!

Quelle est votre principale difficulté dans tout cela?

Je dirai la déstructuration des familles, la destructuration de toute forme de vie commune. Permettez une comparaison: la terre n'est pas une planète morte, car elle a une atmosphère. Autrefois une famille pouvait vivre parce qu'elle avait le contexte du quartier, du village, de la grande famille pour les familles nombreuses. De même les religieux. Maintenant, il n'y a plus d'environnement protecteur.

Il n'y a plus de surface portante pour la foi?

Et tout simplement pour la vie. Pour moi, le principal combat, la principale épreuve, c'est tout ce qui est relatif à la vie. Je ne parle pas de "crise de la vocation sacerdotale" ou "de la vocation religieuse", c'est la crise de toute forme de vie commune. Engagement, durée ne sont tenables que dans un contexte porteur.

Et vos plus grandes joies, satisfactions, réussites?

D'abord, l'Esprit-Saint nous conduit, y compris dans les épreuves. Elles ne nous sont pas épargnées. Ma plus grande joie, c'est de voir que notre vocation n'est pas que pour nos communautés, elle est vraiment pour la régénération de l'Eglise, de la vie familiale, de la vie religieuse.

Et vos projets pour l'avenir?

J'ai appris à vivre au jour le jour. Je me laisse conduire par l'Esprit-Saint. Nous avons eu au départ beaucoup de projets. Il faut  en avoir, mais avec le seigneur, continuellement. Par exemple, il y a quatre ans, j'ai fait vraiment tout ce qui était possible pour faire une fondation à ... Cela n'a jamais réussi. Pendant quatre ans, nous avons persévéré dans cette ligne. Et puis l'année dernière, d'un coup, en l'espace de huit jours, nous avons fait trois fondations: Perpignan, Saint-Martin, et Toulon. Voilà ! Je ne peux rien faire sans l'accord de mon évêque.

Vous avez un nouvel évêque à Perpignan, après Mgr Chabert?

Le Père Faure.

Dans le même esprit?

Tout à fait. Il vient de Paray-le- Monial, il était supérieur du séminaire à Paray-le-Monial. Pour moi, c'est une chance, nous sommes du même âge et c'est un de mes compatriotes, qui n'était pas, au départ, spécialement acquis à notre vocation, il nous a regardés, prudemment.

Avec le rythme de croissance, vous aurez d'autre fondations.

J'espère !

Quel est votre rapport avec le Renouveau charismatique?

Nous nous considérons dans la ligne des Béatitudes, mais sans liens réguliers. Nous allons animer en commun avec les Béatitudes la session de Lourdes, mais c'est par amitié.

Et quels liens entre vos paroisses?

Nous avons quatre fondations, mais nous sommes une seule fondation.

Quant aux incidents de parcours: vocations, apostolats, avez-vous des faits à partager?

La présence de ces communautés nouvelles a été un instrument de conversion pour beaucoup de gens. On m'a déjà posé la question. Alors j'ai essayé de vérifier: un quart des membres de la communauté sont des convertis. Les autres viennent de familles nombreuses et dans la plupart des cas, chrétiennes: de pratique chrétienne.

Y a-t-il des convertis qui viennent de loin?

Il y a des convertis qui viennent de rien. L'un d'eux avait fait une heure de catéchisme dans sa vie.

Et quelles sont les tranches d'âge parmi les membres de la communauté?

Le plus jeune doit avoir vingt-deux ans, et notre doyenne, une laïque, a quatre-vingt-huit ans.

Mariée?

Non, une célibataire. La moyenne d'âge est de trente ans à peu près.

Chez les jeunes, sentez-vous une attente?

Oui, c'est sûr.

Les JMJ semblent avoir prouvé qu'il y avait une attente. Mais on a du mal à suivre cet appel, car il faudrait beaucoup de gens pour s'en occuper et il n'y en a plus.

Pour moi, le renouveau paroissial est capital, d'abord pour les paroisses, mais aussi, si je puis dire, pour le "service après-vente" des conversions. Les missions de Montmartre, ou de Daniel-Ange et son équipe suscitent un intérêt, voire des conversions, mais après leur départ, souvent, il n'y a personne pour accueillir et former, au point qu'à Montmartre, ils font maintenant les missions sur des territoires où il y a des prêtres ou une communauté accueillante, autrement tout s'envole en fumée. J'espère que le Seigneur suscitera d'autres communautés paroissiales. Entre nous soit dit, nous avons été la première communauté charismatique à laquelle on a confié une paroisse. En 1983 bien avant L'Emmanuel (il détaille les dates). L'Emmanuel a des paroisses, les Béatitudes aussi. Ce sont des prêtres des Béatitudes qui desservent des paroisses, mais pas la communauté en tant que telle.

Vous m'avez parlé d'une double inspiration.

Oui, nous ont été inspirés dès le début, nous devions faire une alliance particulière avec Marie pour pouvoir vivre le mystère de la Croix Glorieuse. J'ai cette phrase dans notre propos de vie: "Le disciple bien-aimé ne peut lever les yeux vers le Christ en croix qu'à partir du moment où il a dit oui et accepté de prendre Marie chez lui".
De même on ne peut vivre la Croix Glorieuse que si on fait une alliance particulière avec Marie. Alors nous commençons chacune de nos journées par une prière d'alliance avec la Très Sainte Vierge Marie.

Vous pourriez nous la donner?

Vierge Marie,
choisie par dieu pour être la mère de Jésus
tu as été préservée du péché.
Le Seigneur a trouvé en toi
le consentement parfait à son amour
Tu es la nouvelle Eve, le Temple de l'Esprit,
l'Arche de l'Alliance nouvelle et éternelle.
Animé du désir de vivre pleinement
ma consécration à la Croix Glorieuse
de Notre Seigneur ésus-Christ,
je te demande de faire alliance avec moi, ô Marie.
Fais de moi ton associé et pour ainsi dire
l'intendant de tes grâces.
Prends mon coeur  dans ton coeur pour que je vive ta conscience à l'égard du Pèe,
ta vigilance aux inspirations de l'Esprit,
ta collaboration aimante àl'oeuvre de ton Fils.
Que mes pensées soient tes pensées
et mes actions les tiennes.
Que je te sois si étroitement unis que le Seigneur ne m'entende plus jamais dire moi,
mais seulement nous,
moi en toi et toi en moi,
en toutes choses et pour toujours.
Que cette alliance soit également vécue
par tous mes frères et soeurs de la Communauté,
ainsi, nous deviendrons ensemble
ta famille et une prophétie du Royaume,
préparant et hâtant le jour
Où tout en étant soumis au Christ
il pourra tout remettre au Père.
Alors notre Dieu sera tout et tout.
Père. Fils et Saint Esprit, pour les siècles des siècles.
Amen.

René Laurentin