CHRETIENS
MAGAZINE
 

n° 121
15 mai 99
SOMMAIRE
BULLETIN
D'ABONNEMENT
DIMANCHE 2 MAI 1999, ROME
FOULES PRIANTES ET ENTHOUSIASTES
Pour la béatification de Padre Pio.
Invitation à vivre confiant l'année sainte?

Padre Pio est une très humble et grande figure bien mal identifiée. Pourquoi sa simplicité transparente a-t-elle été ainsi submergée?


Au plus fort des persécutions,
la plupart de ses frères l'ont aidé et soutenu.
Durant sa vie de petit prêtre reclus dans l'obscur silence du confessionnal où il passait jusqu'à dix-huit heures par jour, il fut accablé par les répressions du Saint-Office. A partir du 5 juillet 1923 (il avait trente-cinq ans), son surnaturel fut présumé suspect. On devait l'éviter. Il fut frappé de suspens (interdiction d'administrer les sacrements y compris la confession). Ses supérieurs locaux accentueront les contraintes jusqu'à placer des micros dans son confessionnal: sacrilège qui n'a pas fait l'objet de répression publique. Il restait soutenu par la ferveur populaire qui s'opposa vivement à son transfert. Pourquoi tant de forces déployées à tous niveaux pour étouffer son ministère?


Bourru et parfois très sévère avec les adultes,
il savait être affectueux avec les enfants.

Peu à peu, les papes Paul VI et surtout Jean-Paul II, qui l'avaient rencontré, vont le dédouaner et donner le feu vert à sa béatification, malgré la mauvaise presse que lui donnait ses charismes dans l'administration officielle. Voici que l'affluence inouïe pour sa béatification et les commentaires de la presse mondiale le promurent de cet excès d'indignité à un excès de gloire factice. La presse parle d'engouement vedette, de phénomène, de veau à cinq pattes de la mystique chrétienne. C'est le ton d'une partie des médias déconcertés devant ce monument insolite dont la vérité cachée déconcerte.
Padre Pio, c'est autre chose, c'est un coeur et une âme transparente, un prêtre livré à Dieu, en qui le courant de l'Esprit-Saint, contraint et asphyxié dans notre monde, a passé. Il vivait authentiquement dans le Christ. Il portait sans bruit le fardeau des pêcheurs avec les accablants transferts ou substitutions qu'implique ce ministère. Cela le faisait très proche du Christ. Comme l'Apôtre Paul, il continuait "en sa chair, ce qui manque à la Passion du Christ pour son corps qui est l'église." (Col 1, 24).
Les stigmates sont venus par-dessus le marché, pour manifester et authentifier visiblement cette continuation spirituelle du Seigneur qui culminait en sa messe.
On l'a dit hystérique, comme on dit toujours en pareil cas. Son humble profil était tout autre, et il se serait bien passé de ces phénomènes insolites qui en ont fait un bouc émissaire.
On a dit que les stigmatisés étaient généralement des femmes et qu'il était le seul prêtre. Les stigmatisés sont généralement discrets, et parmi bien d'autres, je connais au moins un autre prêtre en ce cas. C'est un jeune Américain, James Bruse, un homme normal et même solide, si évidemment que ses amis l'avaient provoqué à battre le record loufoque d'endurance en toboggan et montagnes russes: il a tenu soixante-douze heures la première fois, cent vingt-six la seconde. Il est inscrit à ce titre dans le Guiness Book of World Records. C'était en 1979. Il avait vingt-cinq ans. Il a abandonné tout cela pour se faire prêtre. Il ne sait même pas si son record a été battu. Ce qu'il n'a pas oublié, c'est le temps où il était chargé de nourrir les fauves du zoo de Washington. Il en a des photos dans son bureau. Un homme comme un autre, particulièrement calme, objectif, bien organisé en son ministère. On l'a envoyé au bout du diocèse, par discrétion, à Kilmavnoch. Il y cultive le profil bas souhaité. Il noie son charisme de guérison dans un groupe de prière où il n'émerge pas. Cette modestie lui évite les ennuis de Padre Pio. Pourvu que ca dure! On voit dans la béatification de Padre Pio un gros scoop publicitaire de l'église. Mais l'église ne cultive pas ces phénomènes. Elle les réprime ou les cache. Un des médecins de haut niveau chargé de contrôler les miracles à Rome m'avouait un jour:
"Les plus extraordinaires nous ne les publions pas" (quoique vérifiés).


Padre Pio confessait jusqu'à 18h par jour.
Le Père Derobert raconte
que le Padre Pio l'a souffleté
pendant une confession alors que ce dernier
doutait en pensée de l'existence de son ange gardien.

L'extraordinaire de Padre Pio, c'est un amour absolu du Christ et des hommes en lui. C'est cela qui attirait chez lui, avec cette patience à porter tous les fardeaux et toutes les passions. Puisse cette transparence parler au-delà des fastes et flashes médiatiques pour qu'on imite cet amour très imitable, en deçà des grâces d'exception dont il se serait volontiers passé.
René Laurentin

NOTRE DAME DU PERPETUEL SECOURS


L'icône lors de sa restauration de 1866 (les couronnes).

Qui ne connaît, sous une variante ou une autre, cette image reproduite à des millions d'exemplaires? Il ne s'agit pas d'un table quelconque, mais d'une icône (image, en grec) destinée au culte de style byzantin, or l'église d'Orient ne prétend (ait) pas à une peinture réaliste, mais à refléter l'esprit, le contenu théologique de la représentation. Peinture en détrempe sur bois de cêdre, l'original se trouve à Rome, en l'église du Très-Saint-Rédempteur et de Saint- Alphonse-de-Ligori, via Merulana. Il ne semble pas inutile, en ce joli mois de "mai, mois de Marie", de nous pencher sur son histoire et sa signification (1).
Il s'agit de la version, venue de By-zance ou élaborée en Crête, la plus ancienne connue puisque antérieure au XIIIe siècle, de la Strastnaia (Vierge de la Passion ou souffrante), dérivée du moine-peintre S. Lazare de Byzance. Qui introduisit, dans les icônes de la Vierge à l'Enfant, les deux anges miniatures, portant les instruments de la Passion: la lance et le roseau à l'éponge, pour Saint Michel, à gauche; la croix et quatre clous pour Saint Gabriel, à droite. Antérieure au XIIIe siècle, où les codes de couleurs changèrent, elle nous présente Marie vétue d'une tunique rouge (royauté) et d'un manteau-cape bleu (humanité) ; l'Enfant, âgé de six à huit ans, porte une tunique verte (humilité) recouverte d'un manteau rouge (royauté et sacrifice) et or (divinité). Effrayé à la vue des instruments de la Passion, d'un mouvement brusque – au point qu'il en perd sa sandale – l'Enfant se réfugie sur la poitrine de sa Mère et s'accroche à sa main. Celle-ci le caresse d'une main, tandis qu'Elle se tourne vers le spectateur, vers nous tous, montrant toute l'inquiétude et la tristesse de son visage. Pressentiment, intuition livrés à notre méditation et liés à l'épisode du vieillard Siméon, lors de la Présentation au Temple – "Et un glaive de douleur te transpercera le coeur"?
Sur fond or, des inscriptions désignent Marie, Mère de Dieu, sorte de titre du tableau qui rappelle la proclamation du Concile d'éphèse, en 431. Plus bas, l'archange Saint Michel et l'archange Gabriel. Près du visage de l'Enfant, IC XC, Jésus-Christ. Ce n'est que lors de sa restauration par le peintre polonais L. Nowotny, en 1866, que furent rajoutés une croix carrée, près de l'étoile, sur le front de Notre-Dame et des plis d'or à son Manteau. Puis, en 1867, les couronnes d'or et de pierres précieuses sur les deux têtes de la Mère et de l'Enfant, pour le couronnement canonique du 23 juin (mais sa fête est fixée au 27 juin).
F. Ferrero écrit, dans son étude de 1866: "Du titre même ainsi que des personnages de notre icône découlent tous les éléments de la dévotion à Notre-Dame du PerpŽtuel Secours. Le rôle maternel de Marie y est fortement souligné ainsi que sa place dans notre Rédemption. Aussi beaucoup d'artistes et de prédicateurs ont vu dans cette icône une expression vivante de la miséricorde et de la bonté de la Mère de Dieu à notre égard, car elle regarde nos misères avec tant de pitié et elle vient sans cesse à notre secours."

De la Crête à Rome
Des manuscrits anciens relatent l'histoire rocambolesque de cette icône. Le franciscain Mariano de Florence dans Itinerarium urbis Romae (Itinéraires dans la ville de Rome, 1 518), ainsi que des copies italiennes et espagnoles des panneaux sur plaques de bois longtemps apposés près d'elle, pendant la période de 1499 à 1798. Le tableau fut honoré sur le maître-autel de l'ancienne église de San Mateo (Matthieu, à Rome), alors confiée aux Augustins – mais qui devait être détruite en 1798, avec 29 autres églises, sur ordre du général napoléonien Masséna.
Selon ces manuscrits, un marchand crétois aurait volé à Lassithi (2) une image qui faisait beaucoup de miracles dans une église de son île. La cachant dans ses bagages, il embarqua. Un an plus tard, et réchappé d'une terrible tempête, il arrive à Rome (entre 1480 et 1490). Tombé malade, il est accueilli par un ami qui prend soin de lui. Se voyant mourir, il confesse comment il a dérobé l'image miraculeuse et demande une ultime faveur: "Ma mort imminente m'empêche de porter ce tableau où je pensais le faire. Occupe-toi, je te prie, de le faire mettre dans une église où il sera honoré publiquement."
Son épouse préfére pourtant garder dans sa chambre l'image effectivement retrouvée dans les bagages du défunt. Neuf mois plus tard, la Vierge apparaît en rêve à l'ami et demande "qu'on la place dans un lieu plus digne". Malgré un second rêve, l'ami n'en fait rien. Alors, Marie l'avertit que "si on ne la place pas dans une église, cela tournera mal". Effrayé, il raconte l'affaire à son épouse, lui demandant d'aller remettre l'icône. Mais l'épouse se rebiffe: n'étant pas païenne mais chrétienne, elle peut bien garder une statue chez elle. L'homme cède. Mais voici que Marie revient :
"Je t'ai averti et même menacé à plusieurs reprises de me sortir d'ici et tu n'as pas voulu me croire. Je vois qu'il faut que tu sortes d'abord, pour que je puisse ensuite trouver un lieu plus digne."
Tombé malade à son tour, l'homme meurt lui aussi. Quelque temps plus tard, la Vierge se manifeste à l'une de ses filles,âgée de six ans:
"Dis à ta mère et à ton grand-père: Sainte Marie du Perpétuel Secours vous ordonne de la sortir de chez vous, sinon vous mourrez tous bientôt." Dernière partie qui était soulignée sur le panneau de bois recopié dans les manuscrits.
L'advocation est donnée par la Mère de Dieu elle-même. La Vierge du Bon Secours était alors connue de l'église latine.
L'enfant convainquit d'autant plus aisément sa mère que celle-ci avait eu la même vision. Tremblant et pleurant à l'idée qu'elle avait causé la mort de son mari – on ne détourne pas impunément les choses de Dieu –, elle décide d'obtempérer et de la porter aux Augustins de l'église Saint-Matthieu. Pourtant, une voisine l'en dissuade:
"Il faut être idiot pour croire à ces choses. La Vierge Marie est au Ciel et ne se préoccupe nullement de ce que nous faisons de ses images. Si tu la jettes au feu, elle brûlera comme n'importe quel objet de bois. Puisque tu as tellement peur, eh bien, donne-la moi!"
Mais l'après-midi même, la voisine est prise d'un étrange malaise dont elle ne guérira qu'après avoir fait une promesse à la Vierge.
Finalement, la Vierge s'en revient visiter la fillette, lui disant de transmettre à sa mère que "son image devait être placée entre sa chère église Sainte- Marie-Majeure et celle de son cher fils adoptif Saint Jean (de Latran), dans une église consacrée à l'apôtre Saint Matthieu". Obéissant enfin, la mère prend contact avec les Augustins (qui s'occupaient alors de l'église Saint-Matthieu) et, le 27 mars ou mai (l'inscription est peu lisible) 1449, l'icône y est menée par le clergé, en présence du peuple des fidèles. Lors de cette translation, premier miracle connu de cette icône en Occident : un homme paralysé du bras et du côté droit, qui s'en remet humblement à Dieu et à sa Mère en faisant une promesse, est guéri sur- le-champ. Mais Saint-Matthieu est une église pauvre dans un quartier dépeuplé: culte et signes demeurent locaux.

Perdue puis retrouvée par les Rédemptoristes
L'icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours resta donc exposée sur l'autel majeur jusqu'à ce que l'église Saint- Matthieu soit rasée par Masséna (1798). La communauté des Augustins s'en fut pour certains en Irlande et pour d'autres à Saint-Eusèbe, emportant avec elle la précieuse icône; puis à Sainte-Marie-in-Posterula (près du Castel sant'Angelo), aujourd'hui disparue aussi. Mais, comme on y vénérait déjà Notre-Dame de la Grâce, ils placèrent l'icône dans un oratoire privé où l'on perdit sa mémoire.
Il fallut un fait providentiel pour la retrouver. Les jésuites de l'église du Gesu préchaient tous les samedis sur des thèmes mariaux. Ainsi, le Père Francisco Blosi, S.J., parla de la Madone du Perpétuel Secours dans un sermon du 7 février 1863 (selon une homélie d'un autre jésuite, du 31 août 1715, soit cent cinquante ans auparavant). Regrettant qu'on en ait perdu la trace, depuis soixante-dix ans alors, il s'exclama:
"Plaise-t-il à Dieu que parmi mes auditeurs, quelqu'un sache où elle a atterri et qu'il avertisse celui qui la cache que le désir de la Mère de Dieu est d'être vénèrée dans une église, entre Sainte Marie Majeure et Saint Jean de Latran."
Justement, un certain Père Miguel Marchi, rédemptoriste, en entendit parler: il savait bien où elle se trouvait, puisque encore enfant, il avait souvent servi la messe dans l'oratoire où était l'icône. Il s'en souvenait : le dernier des Augustins de l'époque, Frère Augustino Orsetti, lui avait recommandé de ne pas oublier que cette image négligée et empoussiérée était l'icône miraculeuse réchappée de Saint-Matthieu.
Deux ans plus tard, le Supérieur général des Rédemptoristes, le Père Nicolas Mauron, sollicite du pape Pie IX de confier à la nouvelle église du Très- Saint-Rédempteur et de saint-Alphonse-de-Ligori – consacrée en mai 1859, près de l'ancienne Saint-Matthieu –, la représentation de Notre-Dame du Perpétuel Secours dont les Augustins, de leur côté, ne voulaient toujours pas se séparer. Le Pape Pie IX, dont la de-vise était de rechercher la plus grande gloire de Marie, accepta aussitôt, offrant en compensation à la "microscopique" communauté des Augustins une copie authentique et un don de 50 escudos. C'est ainsi que l'icône, restaurée en 1866, fut de nouveau exposée au culte public, en l'église du Saint-Rédempteur et Saint-Alphonse-Marie- de-Ligori, via Merulana, dès le 26 avril, avec procession solennelle et triduum. Nouvelle procession l'année suivante pour le couronnement canonique, le 23 juin – même si sa fête est fixée au 27 juin avec office et messe propre. Ainsi confiée à un institut missionnaire en pleine expansion, la notoriété de Notre-Dame du Perpétuel Secours allait connaître un essor prodigieux.

Des Rédemptoristes au monde entier
Leur remettant l'icône, le pape Pie IX enjoignit aux Rédemptoristes: "Donnez-la à connaître au monde entier." Comme le fait remarquer le Père J-L de Urrutia, "on peut considérer, en outre, que c'était là un cadeau délicat de la Vierge aux fils de Saint-Alphonse-Marie-de-Ligori, l'auteur des Gloires de Marie grâce auquel il avait souligné son rôle de médiatrice universelle:
"Il est impossible que celui qui a dévotion pour Marie, qui la sert et implore son secours, soit damné" (c.8) . "Dame qui toujours, lorsque je t'appelle à mon secours, ne tarde pas à venir, puisque en toutes les tentations qui m'assaillent et en toutes les nécessités où je me vois, je me propose d'avoir recours à toi, en suppliant Marie, Marie." (c.10). Mieux encore: "Avec ses secours, Elle accourt à la rencontre de ceux qui désirent sa protection. Autant dire qu'Elle nous obtient de Dieu une foule de grâces avant même que nous ne les lui demandions" (c.4). Et au sujet de sa médiation universelle: "Quel inconvénient pourrait-il y avoir à dire que Dieu, pour honorer sa Mère, après l'avoir établie Reine des Saints, veut que toutes les grâces passent par ses mains?" (c.5). "Qui pourrait nier qu'il soit très raisonnable et même opportun d'affirmer que Dieu, pour exalter cette excellente créature, qu'Il a aimée et honorée plus que toutes (les autres), veuille que toutes les grâces dispensées et à dispenser aux créatures, le soient par son ministère, puisqu'Il l'a choisie comme Mère de son Fils et notre Rédempteur? Je défends que lorsque nous demandons des grâces, nous les obtenons par l'intercession de Marie." (c.5).
Et notre chercheur espagnol de commenter: "La raison d'implorer le secours de Marie, comme l'a souvent explicité ce saint docteur de l'Eglise, c'est son Omnipotence suppliante, car il affirme que le Seigneur l'aime davantage que tous les bienheureux réunis." Doctrine confirmée par le pape Pie XII, dans son Encyclique "Ad coeli Reginam".
La propagation du culte de la Vierge du Perpétuel Secours, recommandée aux Rédemptoristes, bénéficia, au départ, du dix-huitième centenaire des martyres de Saint Pierre et de Saint Paul, du 20 juin au 1er juillet 1867, simultané au couronnement canonique de l'icône, et qui rassembla 500 évêques et des centaines de milliers de fidèles. Puis du soutien du Concile Vatican I (1869-1870). Emportant tous des copies authentiques, membres et pélerins diffusèrent nouvelles et dévotion. Ses patronages allaient se multiplier aussi.
De nombreuses associations religieuses et civiles, en Espagne et en Italie, ont choisi Notre-Dame du Perpétuel Secours pour patronne. Et même une nation: en souvenir d'une protection accordée, en 1882, lors d'une épidémie de variole jugulée après une neuvaine à ses intentions, Notre-Dame du Perpétuel Secours fut déclarée patronne de Haïti, le 8 décembre 1942. Une trentaine d'instituts religieux se sont placés sous sa protection: Franciscaines du Secours Perpétuel (USA), Missionnaires du Perpétuel Secours (Mexique), Oblates (Pérou), SÏurs (Uruguay, île Maurice), Religieuses melkites du Perpétuel Secours (Liban) et bien d'autres. En Espagne, Notre-Dame du Perpétuel Secours est la patronne de la santé, des médecins (décision du Conseil général, le 19 juin 1941), de l'Institut national de prévision (depuis le 26 février 1946), des assurances espagnoles (depuis le 9 mars 1946), etc.

De la prophétie du pape Pie IX à la visite de Jean-Paul II
Après avoir rendu visite à l'icône, en l'église Saint-Alphonse-Marie-de-Ligori le 5 mai 1866, Pie IX, le grand pape de l'Immaculée Conception, en plaça aussi une copie dans sa chambre, et d'autres dans toutes les dépendances des zouaves pontificaux. En offrant une médaille, il disait toujours: "Ayez dévotion à la Mère du Perpétuel Secours, c'est la Vierge qui doit sauver le monde. "On ne saurait penser à un quelconque propos à la légère".
Lorsqu'il envoie en Bulgarie une bannière portant l'image de Notre-Dame du Perpétuel Secours, Léon XIII écrit: "Fils bien-aimés de la noble église slave, illustres par vos Saints Apôtres Cyrille et Méthode, vous vous prosternerez devant cette Vierge, votre Mère. Demandez-lui avec persévérance l'union des deux églises afin que, de nouveau, il n'y ait plus qu'un seul troupeau et un seul pasteur. "Quant au pape Pie XI, plaçant l'image de Notre-Dame du Perpétuel Secours sur les colis envoyés aux enfants abandonnés de Russie, il ajoute cette mention: "Le Pape de Rome à ses enfants de Russie".
Lors de sa visite à Manille, en 1981, Jean-Paul II pria devant une copie de l'icône: "J'ai été témoin de la dévotion véritablement filiale qu'on vous porte ici et de l'immense popularité dont vous jouissez, Mère du Perpétuel Secours". Je viens maintenant à Toi, comme successeur de Saint Pierre". "A Toi, Mère de l'Eglise, je désire confier de manière toute particulière mon ministère papale.  Accepte cette humble offrande, Mère du Perpétuel Secours. Au moment de commencer ma visite pastorale en Extrême-Orient, je remets entre tes mains, Mère du Perpétuel Secours, tous les peuples de l'Asie." Ces oecuménismes pontificaux font penser au rôle étonnant joué actuellement par le tableau de Notre-Dame de Tous les Peuples dans plus de 70 nations, y compris auprès des non-catholiques, voire des non-chrétiens (3).
Laissons l'interprétation finale au Père J-L de Urrutia: "Nous pouvons penser que le salut du monde dépendra, en partie du moins, de l'union de tous les chrétiens. L'icône d'Orient de Notre-Dame du Perpétuel Secours pourrait bien être, en Occident, par l'aide des grâces qu'elle obtiendra, un élément important de cette union et par elle, de la conversion du monde. Il peut tant, le secours de la Vierge souffrante et de Jésus s'offrant à la Passion! Efforçons-nous tous, dans nos problèmes personnels, petits ou grands aussi, de les invoquer et de nous (en) remettre à Eux, dans un don de soi confiant."
Angèla Loyer-Krause d'après le Père J-L de Urrutia, S. J

1. A partir d'une recherche et synthèse du Père JoséLuis de Urrutia, S.J., auquel nous nous référons explicitement pour cet article. Il est l'auteur du Temps qui vient selon les prophéties des Papes, des Saints et des Mystiques, traduit par nos soins. (Ed. F.-X. de Guibert)
2. On y rend culte, aujourd'hui encore, à une icône miraculeuse de la Corizana (en grec Cardiotissa: la Toute-CÏur, la Toute-Courageuse), peut-être ainsi nommée à cause de toutes les grâces que, compatissante, elle répand sur ses enfants. Des documents attestent qu'elle existait déjà au XIVe siècle et qu'elle fut volée ˆ plusieurs reprises. Dès le Xe siècle, sitôt l'île de Crête reprise aux Sarrasins, les moines évangélisèrent au moyen d'icônes.
3. Selon les informations diffusées en Amsterdam, le 31 mai 1998, par les représentants religieux de soixante-dix pays, lors du deuxième anniversaire de la reconnaissance du culte à Notre-Dame de Tous les Peuples, autorisé l'année précédente par l'évêque, Mgr Boomers, décédé.


 

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